L'ouest Américain en hiver



Les voyages réalisés en plein cœur de l'hiver étant relativement rares dans l'ouest des Etats-Unis, il nous paraît intéressant de faire un petit retour pour apporter quelques éléments permettant aux futurs voyageurs hivernaux d'organiser et d'optimiser leur séjour. A cet effet, voici la liste des avantages et des inconvénients que nous avons relevés lors de nos deux expériences hivernales (toutes les deux sur la période fin décembre - début janvier).



Avantages :


  • On ne souffre pas de la chaleur caniculaire que l'on rencontre souvent en été. Les randonnées sont donc beaucoup plus faciles et il n'est pas nécessaire de transporter de grandes quantités d'eau.

  •  Le soleil n'est jamais au zénith, la luminosité est donc correcte toute la journée. C'est vraiment l'idéal pour les photos.

  •  Il est possible d'assister au lever et au coucher du soleil en démarrant et en finissant la journée à des horaires plus raisonnables qu'en été.

  • Les paysages de l'ouest américain deviennent magiques en présence de neige.

  •  Il y a beaucoup moins de monde même si nous avons été surpris du nombre d'Asiatiques que nous avons rencontrés.

  • Les tarifs des hôtels sont beaucoup plus abordables (parfois divisés par 3 ou 4 dans certaines zones très courues comme Page et Moab) et il n'est pas nécessaire de réserver à l'avance.

  • Il n'est pas nécessaire de gérer le froid (glace). Les aliments se conservent sans problème dans la voiture. Boissons ultra fraîches disponibles en permanence sans même avoir de glacière.

  •  Les risques de flash flood sont quasiment inexistants.

Inconvénients :


  •  Il peut faire très froid (nous avons connu jusqu'à - 20 degrés) mais cela reste très supportable si on est équipé correctement et si le vent ne s'en mêle pas.

  •  Les journées sont plus courtes. Pour les amateurs de photos c'est largement compensé par la plus grande plage horaire pendant laquelle la luminosité est optimale.

  • Les risques de connaître des périodes de mauvais temps ne sont pas négligeables (mais cela semble être le cas maintenant pour toutes les saisons).

  • Le camping est plus compliqué et beaucoup moins agréable. Il devient même quasiment impossible par très grand froid.

Pour conclure, nous avons eu l'impression d'avoir plus profité de ce séjour hivernal que de nos séjours estivaux. Je crois bien que nous reviendrons à nouveau nous promener en plein hiver dans le grand ouest. En tout cas nous en avons fortement envie. A nos yeux, les quelques inconvénients liés à cette période sont balayés par les nombreux avantages, à condition bien sûr de bénéficier d'une météo correcte.

Encore plus qu'en période « classique », je suis convaincu qu'il ne faut pas avoir d'itinéraire préétabli en hiver et qu'il est largement préférable de s'organiser sur place en fonction de la météo. Les prévisions météorologiques à quelques jours sont maintenant suffisamment fiables pour avoir une idée correcte du temps à venir pour les deux ou trois journées qui suivent. Au-delà, on rentre dans un domaine beaucoup plus aléatoire. Un parcours « ouvert » et sans contrainte fixe permet donc d'optimiser au mieux son séjour en fonction des conditions climatiques. Mais une telle organisation nécessite de bien connaître la région et d’avoir préparé une wish list conséquente et portant sur une large zone géographique. A cet effet, le sud de l'Arizona et de la Californie peuvent être considérés comme de très bonnes alternatives en cas de mauvais temps persistant un peu plus au nord. Ce fut le cas pour nous lors de notre premier séjour hivernal où nous nous sommes réfugiés dans l'extrême sud de l'Arizona pendant la première semaine de nos vacances et lors de notre périple de trois mois en été 2014 ici où nous avons terminé tout en bas de la Californie pour échapper à des conditions climatiques détestables.

C'était notre troisième voyage dans l'ouest des États-Unis (trois mois en été et deux fois quinze jours en hiver) réalisé sans programme arrêté et sans réservations d'hôtels. Au cours de ces quatre mois (en cumul) nous avons toujours trouvé de quoi nous loger (dans des conditions très correctes et à des prix raisonnables) à l'endroit où nous voulions (même à West Yellowstone en juin et à Page ou Moab au cœur de été). Comme nous apprécions le camping « sauvage » dans des lieux d'exception, nous partons toujours avec une petite tente qui est également l'assurance de ne pas nous retrouver à la rue. Mais sur ces quatre mois « non organisés » nous n’avons campé que quand nous l’avions prévu et jamais en plan B.

Que dire de plus, à part que, comme vous l'avez compris, nous sommes accros à ce type de séjour, qui contrairement à ce que l'on pourrait croire demande au moins autant d'organisation qu'un voyage où tout est planifié avant le départ. Nous n'y trouvons que des avantages ! Pour preuve, notre prochain séjour (deux semaines en juin) se fera selon le même principe.

Avant d'en finir avec ce post et maintenant que le printemps s'installe, voici quelques photos typiquement hivernales de ces paysages qui nous fascinent toujours autant.

En version glace ...











... et en version neige.




















Une dernière série de photos pour notre coup de cœur sous la neige : 
Bryce Canyon.












Merci à tous d'avoir suivi ce récit hivernal 
et à bientôt pour de nouvelles aventures ...

Las Vegas

Samedi 2 janvier :

Dernier jour. Si on en croit les prévisions, aujourd'hui devrait être une journée de transition avant une semaine de pluie et de neige. Globalement nous avons eu beaucoup de chance côté météo : une première semaine à peu près correcte mais qui aurait tout de même pu être plus ensoleillée et une seconde semaine quasiment idéale même si nous avons connu des températures extrêmes. Nous avons même eu droit à de la neige sur certains sites et c'était un vrai plus. Un seul vrai regret, ne pas avoir eu de soleil à White Pocket.

Pour cette dernière journée, nous quittons Kanab relativement tard et prenons la direction de Las Vegas. L’idée est de se débarrasser au plus vite de la corvée classique du dernier jour : le nettoyage de la voiture. Nous nous arrêtons dans un immense carwash à Hurricane, mais ici pas moyen de mettre la main à la pâte, on fait le travail pour vous. Quand l'employé voit nos têtes lorsqu'il nous indique les tarifs, très gentiment il nous explique où trouver de quoi nettoyer notre véhicule par nous-même et à un prix très correct. Comme il n'a pas de clients, il passe même un moment à discuter avec nous. Pas sûr qu'en France on ait eu droit à un tel accueil ...

Après tout ce qu'elle a vécu au cours de ces deux semaines, il faut maintenant que notre fidèle voiture retrouve un peu de sa splendeur d'il y a quinze jours, afin que nos aventures sur les pistes de l'Arizona et de l'Utah passent inaperçues (pour rappel, il est normalement interdit d'aller sur une piste avec une voiture de location). Hier soir elle était dans cet état ...


... et après une demi-heure de soins …


… le résultat est plutôt convaincant !


Avant de rejoindre Las Vegas nous avions prévu de faire un détour par le parc de Valley of Fire, mais comme le ciel est d'un gris désespérément uniforme et que nous n'avons pas vu un seul rayon de soleil de la matinée, nous préférons poursuivre notre route. Nous avons déjà rendu visite à plusieurs reprises à ce magnifique parc (visite de 2014 ici) et nous n'avons pas envie de le voir dans de telles conditions.

Nous arrivons à Las Vegas en début d'après-midi. Plutôt que de faire pour une énième fois le classique tour du Strip, nous nous rendons au dernier grand complexe qui a vu le jour sur la célébrissime avenue de Las Vegas : le City Center.


Ici nous sommes dans le royaume du luxe : boutiques de toutes les grandes marques, galeries d'art aux prix démentiels, hôtels démesurés et bien sûr un casino haut de gamme. Nous, ce qui nous intéresse, c'est l'architecture moderne de cet ensemble. Nous commençons notre visite par le « centre commercial » Crystals.



Loin d’être un centre commercial classique, c’est en fait une galerie qui regroupe la plupart des enseignes d’hyper luxe connues dans le monde : Balenciaga, Bulgary, Cartier, Dior, Dolce & Gabbana, Gucci, Hermes, Lanvin, Louboutin, Prada, Saint Laurent, Tom Ford, Van Cleef & Arpels, Versace, Vuitton … pour n’en citer que quelques-unes. Il est assez agréable de s’y promener, mais ce n’est pas là qu’il faut venir si on est à la recherche d’un souvenir à ramener de Las Vegas, à moins d’avoir un portefeuille très très bien fourni !









En cherchant bien nous avons tout de même trouvé une enseigne dans notre budget.


Cette belle galerie est agrémentée d’installations d’art contemporain plutôt étonnantes.




Cette œuvre du japonais Tatsuo Miyajima, inspirée par les attentats du 11 septembre, est pour nous l’occasion d’un autoportrait original.


Après la galerie Crystals nous nous dirigeons vers le casino Aria. Quel autre qualificatif que démesuré pourrait mieux décrire cet hôtel-casino. Jugez-en par vous-mêmes : plus de 4 000 chambres, 16 restaurants, 10 boites de nuit, un centre de congrès de 28 000 m2, un espace piscines qui couvre 20 000 m2, un théâtre de 1 800 places, un centre esthétique de 7 500 m2 et bien sûr un immense casino de 14 000 m2.






Juste à côté du casino Aria on trouve le très photogénique Mandarin Oriental, un mélange d’hôtels de luxe et d’appartements privés.



L’arrière de l’Aria est pas mal non plus …


… et juste en face on trouve le modeste hôtel Vdara qui ne compte qu’à peine plus de 1 500 chambres.


Nous terminons notre après-midi en nous baladant sur le Strip et en allant faire un tour dans nos casinos préférés, notamment le Venetian où nous ne manquons jamais d’aller perdre quelques pièces à chacun de nos passages à Las Vegas.




Maintenant que nous avons perdu nos derniers dollars ...


... cette fois c'est sûr, demain nous rentrons !