Ruines et pictogrammes

Mercredi 15 juin :

Notre prochaine visite nous conduit sur une piste que nous suivons sur plus d'une vingtaine de kilomètres. Notre objectif : des ruines confidentielles rarement visitées.

Après être tombé sur des photos de ces ruines il y a quelques années, je n'ai eu qu’une envie, aller y faire un tour. Mais impossible de trouver une indication précise sur internet quant à leur localisation. Assez rapidement j'ai découvert la région où elles se situent, mais rien de beaucoup plus précis qu'une zone d'une centaine de kilomètres de diamètre. Après des heures et des heures de recherches, puis en analysant avec précision les quelques photos trouvées et en essayant de les situer grâce aux clichés aériens de GoogleEarth, je suis parvenu à me faire une idée de l'emplacement supposé de ces ruines. Sur le papier, tout semble coller, y compris les moindres détails des très rares photos qui présentent les ruines dans leur environnement général. Afin de tenter de fiabiliser ma « découverte », je prends contact avec un des rares visiteurs ayant évoqué ces ruines sur internet et lui présente l’avancée de mes recherches. Très gentiment, il me confirme que je ne me suis pas trompé et me demande de ne pas divulguer la position de ces ruines afin que les merveilles qui s’y trouvent ne soient pas dégradées par de trop nombreuses visites et surtout par certaines personnes dont la bêtise est sans limite. Malheureusement, même sur ces sites très en dehors des sentiers battus, on rencontre des dégradations. Ici, quelqu’un a trouvé bon de rajouter un trait noir hideux autour de ce joli pictogramme jaune. Quelle tristesse !


Des années après avoir ajouté ce site à ma « wish list », nous sommes enfin sur le chemin qui nous y conduit. L’impatience est grande, mais il nous reste un dernier écueil à éviter : nous sommes ici dans une réserve indienne et le dernier tronçon de piste qui donne accès à ces ruines passe juste devant une habitation. L'accueil des touristes par les indiens n'étant pas toujours très cordial, il n'est pas impossible de se voir interdire l'accès et d'être obligé de renoncer tout près du but. Lorsque nous arrivons à hauteur de la maison, personne ! Nous passons donc sans problème et quelques minutes plus tard nous sommes sur place. Plus aucun doute n'est permis, les photos collent parfaitement à la réalité du terrain ! Il ne nous reste plus qu'à gravir quelques dizaines de mètres pour accéder à l'alcôve qui abrite les ruines.


Nous y sommes enfin ! Nous découvrons les ruines, plus ou moins bien conservées, de plusieurs habitations …










… et d’une kiva.


Même si les ruines sont intéressantes, soyons honnêtes, elles n'ont rien d'exceptionnel. Si nous tenions tant à venir ici, ce n'est pas seulement pour les ruines, mais surtout pour les fantastiques pictogrammes qui sont disséminés tout autour.







Les pictogrammes que l’on trouve ici sont innombrables et ils présentent une particularité très rare ; ils possèdent six couleurs : rouge, blanc, noir, jaune, vert et bleu. On y trouve de nombreuses représentations de personnages plus ou moins étranges …











… et quelques animaux dont deux superbes chevaux …


... et ce qui ressemble étrangement à un chat.


A la splendeur des pictogrammes s'ajoute l'émotion apportée par les centaines de mains peintes sur la paroi. Une pure merveille !









Des mains rouges (pour représenter les peuples premiers), des mains noires (pour l'Afrique), des mains jaunes (pour l'Asie), des mains blanches (pour le monde Occidental) et même des mains vertes (pour d'éventuels visiteurs venus d'une autre planète). Ne serait-ce pas un site qui mériterait d'être dédié à l'ouverture d'esprit et à la tolérance …

Nous attendions beaucoup de ce site et non seulement nous n’avons pas été déçus, mais nous l’avons trouvé encore plus intéressant que ce que nous pensions. A coup sûr, la découverte de ces ruines et des somptueux pictogrammes qui composent une véritable galerie d’art en plein air, resteront un grand moment de notre voyage.