House on Fire et D… H… ruins

Lundi 20 juin :

L'horaire de notre départ de ce matin est imposé par l'ouverture de la « grande » surface de Blanding. 7h, jamais nous n'avons quitté notre hôtel si tard ! Nous n'avons pas le choix car demain nous avons prévu de camper et d'expérience, nous savons que ce n'est ni à Hanksville, ni à Torrey, les « villes » proches d'où nous allons, qu'il faut espérer trouver un magasin digne de ce nom. Si nous voulons faire un ravitaillement correct, c'est le moment ou jamais. Par contre pour notre traditionnelle bière lors de notre soirée camping, c'est mort ! C'est ça le charme des villes mormones.

Notre journée sera consacrée à la visite de deux ruines. Normalement, ce sont les dernières de notre voyage. Les premières que nous allons voir sont celles de House of Fire, des ruines qui font l'objet d'une randonnée officielle. Elles reçoivent donc des visiteurs très régulièrement. Rien à voir avec certaines des ruines que nous avons visitées ces derniers jours (qui étaient totalement en dehors des circuits touristiques) et rien à voir avec celles qui vont venir cet après-midi.

La petite randonnée qui conduit à House on Fire chemine dans un agréable canyon (Mule canyon).






Dans cet agréable canyon, nous rencontrons une adorable petite bête : un serpent à sonnette. Le troisième serpent de notre séjour.



Vu sa taille, il s’agit sans doute d’un jeune. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les jeunes sont souvent les plus dangereux car ils injectent leur venin à la première morsure. C’est plus rarement le cas de leurs aînés qui ont bien compris qu'une première morsure sans venin suffit souvent à faire déguerpir les intrus et permet d'éviter de se retrouver désarmé, le venin mettant assez longtemps à se régénérer.

Après moins de deux kilomètres de marche nous atteignons les ruines de House of Fire.


Elles n'ont rien d'exceptionnel en elles-mêmes. On y trouve quelques constructions, certes bien conservées, mais ne présentant pas d'intérêt très spécifique. Ce qui fait le charme de ces ruines, c'est leur environnement et tout particulièrement le plafond de l'alcôve qui les abrite. Ce dernier ajoute un vrai plus aux ruines en dessinant au-dessus d'elles des motifs géométriques attrayants et photogéniques.







Sous certaines conditions d'éclairage, pas celles que nous connaissons ce matin, on a même l'impression que des flammes s'échappent de la partie supérieure des constructions. D'où le nom de ces ruines, la « maison de feu ».



Avant de quitter House of Fire nous jetons un coup d’œil sur la suite du Mule canyon.


Il est possible de poursuivre la balade dans le canyon pour rejoindre d’autres ruines, mais cela sera pour une autre fois.

Notre seconde ruine de la journée est ailleurs et quasiment inconnue. On en trouve bien quelques photos sur internet, mais jamais d'indices précis concernant sa localisation. Le secret est bien gardé par ceux qui le connaissent. Les « chasseurs » de ruines sont généralement des gens qui aiment exposer leurs trophées photographiques mais qui restent très discrets quant aux endroits où se situent leurs sujets. Quand on constate les dégradations subies par certains sites, on les comprend !

Malgré cela, après des jours de recherches sur internet, de compilations et d'analyses des rares éléments découverts de-ci et de-là, j'ai pu me faire une idée de la région où cette ruine devait être située. Quelques infos complémentaires m'ont permis de restreindre ma zone de recherche à quelques dizaines de kilomètres de canyons. C’est encore très large !

Mes recherches m'ont fourni deux ou trois photos de la ruine dans son environnement. Il ne me restait plus qu'à m'atteler à la tâche fastidieuse d'étudier en détail les moindres recoins de ces canyons grâce aux photos aériennes de GoogleEarth afin de voir s'il était possible de trouver une zone qui pourrait coller. Bingo ! En quelques heures j'avais une zone potentielle où tout semblait correspondre. Il y a même une toute petite piste qui permet d'accéder directement au-dessus de l'endroit où je pense que peut se situer la ruine. A quoi donc pourrait servir cette piste si ce n’est à accéder à quelque chose d'intéressant ? Une ruine par exemple !

A ce moment, je suis persuadé d'être dans le vrai à 99%. Il ne me reste plus qu'à chercher comment accéder à cet endroit (toujours grâce à GoogleEarth) et à établir un plan de route avec les coordonnées GPS qui permettront de nous y rendre.

C'est maintenant l'heure de vérité. Est-ce que je me suis auto-convaincu, ou ai-je raison ? Nous n'allons pas tarder à le savoir. Enfin bientôt ... après près de 50 kilomètres de piste ! Une piste dans un état très correct et dans des paysages très agréables et étonnamment verts pour la région.






Nous avons bien fait de choisir une voiture couleur piste. C'est l'idéal pour passer incognito !



Après 1h40 de pistes nous arrivons au bord de la falaise repérée il y a plus de deux ans. Nous allons enfin savoir ...

C’est l’heure de notre pause pique-nique mais le suspense est trop prenant. Impossible d’attendre plus longtemps. Descente au pas de course dans le canyon. Rapidement nous apercevons un petit bout de la ruine lovée dans son alcôve. Yes ! Je ne me suis pas trompé ! Maintenant, nous avons tout notre temps. Nous n’allons même pas jusqu’à la ruine. Retour à la voiture pour profiter d’un sandwich vite avalé. Quelques minutes plus tard, nous reprenons la direction du canyon et en moins de dix minutes nous y sommes !





Dès que l'on découvre D… H… ruin, on se dit deux choses. La première est que son appellation est parfaitement justifiée. Difficile de lui trouver un patronyme qui lui collerait mieux. La seconde, c'est qu'il n'est pas réaliste de la qualifier de ruine. Elle est en effet dans un état de conservation incroyable. Malgré ses nombreuses centaines d'années, on pourrait croire que ses habitants sont partis ce matin et qu'il suffirait d'attendre un peu pour les voir revenir.









Comme souvent pour les ruines « en dehors des sentiers battus », les services qui gèrent ces territoires et les ruines qu'ils contiennent laissent à l'attention des rares visiteurs, une petite caisse en fer dans laquelle se trouvent des consignes pour aider à la préservation des ruines, parfois quelques infos sur ces ruines et un cahier où la tradition veut que chaque visiteur laisse une trace de son passage. En parcourant ce cahier nous nous rendons compte que le site est effectivement très peu fréquenté : seulement quelques dizaines de personnes sur les deux dernières années, dont aucun français. Et incroyable surprise, il y a seulement quelques jours, une certaine Connie, une amie Facebook américaine, grande passionnée par les ruines indiennes, était ici ! A quelques jours près, nous aurions pu nous rencontrer...

Petite exploration des environs pour voir si comme une de mes lectures le laissait supposer il n’y aurait pas des ruines secondaires à proximité : rien de concluant donc retour à D… H…. Après avoir profité un long moment de ce petit bijou, nous reprenons la route (ou plutôt les pistes) en sens inverse. Les pistes c'est sympa, mais cela fatigue. Après près de cent kilomètres dans la journée, nous nous offrons une petite séance détente avant de retrouver le bitume.



Il nous reste pas mal de route pour rejoindre notre étape de ce soir, Hanksville. C'est la première fois que nous empruntons la highway 95 entre le parc de Natural Bridges et le Colorado et nous ne le regrettons pas, elle traverse de superbes paysages …



… et nous offre deux points de vue impressionnants depuis les viaducs qui franchissent le mythique Colorado …


… et la Dirty Devil river.


Un peu plus loin la route nous offre un autre point de vue, cette fois sur la zone qui marque le début du lac Powell lorsque le niveau d’eau est « normal », ce qui est loin d’être le cas depuis quelques années.


Cette route est aussi l'occasion de battre notre record de température pour ce séjour : 42 degrés à l'ombre ! Et on vous l'a déjà dit, de l'ombre il y en a pas beaucoup par ici ...

Notre motel habituel à Hanksville (le Whispering Sands motel) étant complet, nous nous rabattons sur la seule autre possibilité offerte par cette petite bourgade : le Hanskville Inn. Propriétaires dans un état … étonnant, propreté … douteuse (pour être gentil) et prix plus qu’exagéré pour un tel établissement. Bref, à fuir si vous en avez la possibilité !