Retour de White Pocket

Mardi 22 décembre (partie 2) 

Le premier tronçon de piste pour se rendre à Cottonwood Cove est commun à l'itinéraire que nous avons emprunté hier. Donc pas de problème particulier si ce n'est une grande montée dans le sable qui était facile dans le sens de la descente mais qui nous a légèrement inquiétés en pensant au retour. Et nous avions raison, à la montée cela n’a plus grand-chose à voir. Même avec de l’élan, la voiture perd rapidement le grip et impossible d’atteindre le haut de cette colline. Il nous faudra quatre tentatives pour passer d'extrême justesse cette difficulté.


La principale difficulté étant passée, nous poursuivons notre route dans un état d'esprit plus serein, même s’il y a toujours des portions de piste très sableuses.



Nous pensions que le plus dur était derrière nous, et bien nous avions tort ! A peine un ou deux kilomètre(s) plus loin notre 4x4 s'échoue lamentablement sur un banc de sable profond. L’explication est simple : beaucoup de sable, des ornières très profondes, une vitesse insuffisante de peur d’abîmer la mécanique et la voiture s’arrête après avoir surfé quelques mètres sur le sable. Un rapide tour de la voiture refroidit rapidement nos ardeurs. Le constat est clair : le 4x4 est entièrement posé sur le sable, il n'y a pas le moindre interstice entre le sable et le bas de caisse. C'est la première fois que cela nous arrive et pour notre première nous ne nous sommes pas loupés. Nous sommes ici pour un moment !


Comme il ne faut pas trop compter sur le passage d'un hypothétique sauveur, nous n'avons qu’une seule solution : tenter de désensabler la voiture par nos propres moyens. C'est armé chacun d'un gobelet en plastique et d'un bâton de randonnée que nous nous attelons à cette tâche. C’est maintenant que nous regrettons que les magasins de bricolage soient fermés le dimanche à Saint George.


Après une heure de dur labeur, une première tentative pour extraire la voiture de son piège de sable nous montre que nous n'aurons pas le choix, il va falloir enlever tout le sable. C’est un coup dur pour le moral ! L’idée de passer la nuit ensablés sur cette piste ne nous passionnant pas vraiment, il faut en plus travailler d’arrache-pied si nous voulons pouvoir sortir de la piste avant que le soleil se couche.





Finalement, ce n'est qu'après près de quatre heures de travail éreintant et quasi continu, dans le froid et la pluie, souvent couchés sous la voiture, que nous parvenons enfin à libérer notre 4x4. Quel soulagement ! Le tronçon de piste où nous étions prisonniers est méconnaissable. Nous avons fait du beau boulot de terrassiers.


Inutile de dire que notre visite programmée pour cet après-midi n'est plus d'actualité. Nous n'en avons plus le temps, nous sommes crevés et nous n'avons plus qu'une envie, sortir au plus vite de cette maudite piste. Chose qui ne sera d'ailleurs pas évidente car nous rencontrons encore plusieurs passages sableux difficiles. Mais nous ne nous posons plus de question : maintenant c'est à fond dans le sable et tant pis si ça racle et si ça cogne.

Alors que nous avons emprunté exactement la même piste qu'à l'aller, le retour fut beaucoup plus difficile. Pourquoi ? Nous ne voyons qu'une explication : hier le sable devait être partiellement pris par le gel et sous l'effet du léger redoux la traficabilité s'est fortement dégradée.

Nous atteignons enfin la « vraie » route vers 16h, soit seulement une heure avant le coucher du soleil, et prenons la direction de Page pour un peu de repos bien mérité.

A Page nous avons un rituel immuable : manger au Fiesta Mexicana. C'est aussi l'occasion d'un bon apéro pour nous remettre de nos émotions.


Maintenant que nous avons pris un peu de recul, nous sommes certains que cet épisode dans le sable restera parmi les bons souvenirs de ce voyage et surtout nous gardons en mémoire la magie des paysages de White Pocket.


Et si cela se trouve, il n’est pas impossible qu’un jour nous retentions l’aventure … Nous avons tellement envie de voir White Pocket sous le soleil !

En tout cas, ça au moins c'est une journée d'anniversaire dont Michèle devrait se souvenir longtemps !